384                         Les Spectacles de la Foire.
audit fleur Sallé et audit fleur Pompée qui loin de l'écouter fe font répandus en injures de toutes efpèces contre le plaignant et fon époufe, l'ont traité de gueux, de gredin, de banqueroutier, de jeanf...... de maq......, et ledit Pom­pée a ajouté que fi le plaignant ne fe retiroit pas, il alloit lui f..... fa bou­teille d Ia tête. Le comparant par prudence fe retira, mais ledit Pompée jeta derrière lui la bouteille qui s'eft caffée et dont les teflbns ont rejailli fur une de fés domeftiques et fur un de fés garçons. Que non content de cette voie de fait, il a encore caffé les carreaux des jours de fouffrance de fon labora­toire qui eft au-deffous de fa boutique, en proférant toutes fortes de juremens et d'invectives contre le plaignant et la dame fon époufe. Que Pompée a pouffé l'indécence jufqu'à mettre le poing fous le nez à ladite Yon en lui di-fant : « Tais-toi, facrée mâtine, retire-toi, tu n'es pasf..... pour mettre des lam­pions à ta porte 1 » Que cette fcène a duré jufqu'à quatre heures et demie du matin et qu'ils étoient tous munis les uns et notamment ledit Sallé de caffe-roles, les autres dc bouteilles et de verres. Qu'il réfulte de ces faits que la domeftique du comparant a une bleffure au bras gauche qui lui a été faite par un teffon de bouteille.
Et comme le comparant a intérêt d'avoir raifon de pareilles injures et voies de fait, il a été confeillé de venir nous rendre plainte.
Signé : Yon ; Vanglenne.
(Archives des Comm., -OOO.)
VI
L'an 1789, le mardi 17 mars, minuit, eft comparu par-devant nous Achille-Charles Danzel, etc., le fieur Louis-Gabriel Sallé, directeur du Spectacle des Affociés, demeurant boulevard du Temple : Lequel nous a rendu plainte contre le nommé Robin, ci-devant acteur attaché à fon fpectacle et actuelle­ment à celui de Nicolet, et nous a dit et déclaré que depuis trois mois envi­ron que1 ledit Robin a quitté le fpectacle du comparant il n'y a pas de propos qu'il n'ait tenus contre lui et d'efclandres qu'il ne lui ait faites ; qu'il a cru d'abord méprifer les infultes qui lui étoient faites, mais ledit Robin vient de renouveler, il y a environ une heure, une fcène que le comparant ne peut pas pafferfous Alencé. En effet, s'étant rendu fur les neuf heures chez le fleur Raoul, fourreur, rue Grenetat, pour y fouper, ledit Robin, qui en étoit, y eft venu également il y a environ deux heures pendant que l'on étoit à table, eft entré malgré les défenfes qu'on lui avoit faites et s'eft mis à table avec les autres, et a forcé fa femme, qui étoit avec lui, à en faire autant, quoi­qu'ils ne fuffent pas invités ; qu'il s'eft mis auflîtôt à plaifanter fur le compte du comparant et comme il vit que fa conduite déplaifoit au fieur Raoul et qu'elle alloit lui attirer des défagrémens de la part de ce dernier, il fe leva brufquement de table, prit fa canne dont il menaça le comparant, difant qu'il